LE CONCEPT DE DÉPOLLUTION

Les études réalisées durant la phase de conception du projet ont permis de déterminer un ensemble de mesures de gestion de la pollution adaptées et parfaitement efficaces en favorisant les méthodes de traitement sur site pour limiter le trafic induit et favoriser une dépollution à faible bilan carbone.  

Méthodes physiques par évacuation hors site

Elles concernent les terres inertes (constitués de composés minéraux et qui ne subissent aucune modification chimique dangereuse) et faiblement non inertes. L’optimisation de ces terres se fait par une analyse de réemploi hors site, du recyclage en cimenterie ou de la valorisation en biocentre. Pour limiter les exportations, la solutions de réemploi de matériaux non inertes sur site, solution de gestion durable a été intégrée dans la conception du projet de requalification du site.

Méthodes physiques par piégeage de la pollution

Confinement étanche, encapsulation, remblais métalliques et chimiques, solution de stabilisation / solidification. Il s’agit avec ces méthodes de recouvrir les zones polluées afin d’empêcher toute diffusion ou contact en créant comme un sarcophage. Ces solutions sont particulièrement adaptées à la pollution diffuse aux éléments traces métalliques (ETM). Elles concernent notamment le crassier et les cheminées.

Des méthodes biologiques in situ, par phytostabilisation ou phytoremédiation

Utilisation de plantes ou d’ajouts de composés dans le sol pour réduire la biodisponibilité et la migration des polluants.

LE PLAN DE GESTION DE DÉPOLLUTION

Le plan de gestion est un document d’orientation permettant d’étudier différents scénarios de gestion d’une pollution. Ce document fait la synthèse des études visant à identifier et caractériser la pollution d’un site et de son environnement (études historiques et documentaires, diagnostics, IEM, etc. ).

L’évaluation des mesures du plan de gestion a été établie sur la base de l’ensemble des investigations réalisées sur le site et sur le projet de requalification. Cette évaluation tient compte des aspects techniques, financiers mais aussi du contexte local, des contraintes urbanistiques et des attentes de la collectivité.

Les mesures de gestion retenues permettent la mise en sécurité des parcelles, vis-à-vis de l’environnement et des futurs usagers sur site et des riverains ainsi que l’équilibre de l’opération de requalification. Les mesures de gestion retenues sont évaluées dans un bilan avantages inconvénients qui prend en compte des paramètres environnementaux (impact carbone, protection de la ressource, biodiversité …) mais aussi des paramètres sociaux et sociétaux .

Ces mesures consistent en :

La mise en œuvre de manière privilégiée de mesures de gestion « sur site », permettant de limiter le trafic et les nuisances induites.
L’extraction et l’évacuation en filière(s) autorisée(s) les pollutions concentrées identifiées.

LES MESURES DU PLAN DE GESTION

L’extraction et l’évacuation en filière(s) autorisée(s) des pollutions concentrées identifiées.

Le confinement d’une partie de la cheminée rampante dans l’emprise du site. L’injection des matériaux traités par stabilisation/solidification permettra de supprimer le risque par contact direct pour les riverains et les promeneurs dans la cheminée rampante (seule solution permettant de garantir l’absence d’intrusion dans cette cheminée).

La mise en sécurité du crassier, d’un point de vue de stabilité, sur la parcelle B, au moyen de solution de remodelage du massif, de soutènement et de défense vis-à-vis de l’érosion maritime.

Le confinement du volume résiduel de déchets laissés en place et la gestion des eaux de ruissellement pour limiter la voie de transfert aux milieux.

La mise en sécurité mécanique du secteur et des constructions avoisinantes.

Le terrassement de matériaux pour l’aménagement et le reprofilage du terrain sur les parcelles A et C, correspondant essentiellement à des matériaux compris dans les deux premiers mètres de sol. Une grande partie de ces matériaux seront gérés sur site, par recyclage des déblais réemployés et confinés.

Le recouvrement de l’intégralité des sols de surface sur la parcelle C et sur la parcelle A, dans le secteur de la Maison de Maitre et sur la bande Nord du chemin, afin de supprimer la voie d’exposition par contact direct des sols.

Le maintien du couvert végétal est retenu, sur le secteur éloigné des futures habitations. Des opérations de phytostabilisation seront réalisées en cohérence avec les actions en cours dans le Parc des Calanques.

La mise en place de servitudes et de restrictions d’usages sur les différentes parcelles, en fonction des mesures de gestions retenues.

LE PLAN DE CONCEPTION DES TRAVAUX

Le Plan de Conception des Travaux aboutit, parmi les scénarios de gestion précédemment étudiés, à la proposition de la solution à mettre en œuvre pour les travaux.

Le Plan de Conception des Travaux fait suite au Plan de Gestion du site qui a été réalisé conformément aux prescriptions de l’arrêté préfectoral 2017-199-PC du 20/09/2017.

Le Plan de Conception des Travaux est en cours de finalisation, la restitution est prévue pour fin mars. Il pourra faire l’objet d’une tierce expertise , à la demande de la DREAL.

Rappel : le Plan de Conception de Travaux fait suite au Plan de Gestion du site qui a été réalisé conformément aux prescriptions de l’arrêté préfectoral 2017-199-PC du 20/09/2017. Le contexte spécifique du site (délais de réalisation du PG imposés par l’arrêté et état d’avancement du projet correspondant), n’a pas permis d’intégrer le PCT dans le plan de gestion. Le plan de gestion à néanmoins  défini, conformément aux dispositions de la note ministérielle du 19 avril 2017 (relative aux Sites et Sols Pollués) sans être conclusif, les essais de faisabilité et de traitabilité à réaliser, les données de dimensionnement du projet, ainsi que les objectifs associés à ces essais.

Après définition de la faisabilité, le Plan de Conception des Travaux qui intègre également les éléments connexes (comme les aspects géotechniques et la gestion des nuisances), comprendra la mise à jour des éléments déjà présents dans le plan de gestion (notamment le bilan coût-avantages, l’ARR prédictive, les modalités de contrôle et de surveillance et les restrictions d’usage).

ÉTUDES EN COURS DANS LE CADRE DU PLAN DE CONCEPTION DE TRAVAUX

Les principaux sujets d’études dans le cadre du Plan de Conception de travaux du site de la Madrague de Montredon, avec analyses spécifiques, investigations de terrain et pilotes de laboratoire, sont les suivants :

Impact Poussières et Méthodologies induites de travaux et de terrassement, mesures de gestion des poussières (solutions de mitigation), ainsi que les phasages induits : les analyses en cours visent à estimer et cartographier, sur la base de modélisation numérique 3D, les envols et la dispersion de poussières (cartes de concentrations dans l’air et des dépôts au sol) émises depuis les zones en chantier et/ou les stockages avant stabilisation.

Traitabilité et faisabilité des solutions retenues au Plan de Gestion et notamment la stabilisation/solidification : des tests pilotes sont actuellement en cours.

Mise en sécurité du crassier et aménagement de la place du Belvédère : les études géotechniques et de protection contre l’érosion maritime sont actuellement en cours afin de permettre un dimensionnement des ouvrages.

Parcelle A – Mesures de gestion par Phytostabilisation : afin de valider la faisabilité de mesure de gestion par phytostabilisation sur le secteur Sud de la parcelle A, des recherches universitaires vont être entreprises.

UN CHANTIER DE DÉPOLLUTION QUI DONNE PRIORITÉ À LA SÉCURITÉ

Pour toutes ces opérations, l’attention se focalise sur la protection des riverains via les mesures de contrôle de l’émission des poussières et de la qualité de l’air durant la phase des travaux de dépollution et de construction. Les précautions particulières à mettre en oeuvre sont en cours d’évaluation avec des bureaux d’études spécialisés. Elles seront présentées dans le cadre du plan de conception des travaux.

De nombreuses dispositifs de sécurité seront mis en place, en voici quelques-uns :

  • la brumisation d’eau par un système de rampes orientables et canons
  • la fixation des poussières au sol au moyen d’un liant cellulosique
  • le travail en zone confinée (tente ou bâtiment en dépression)
  • l’usage de camions bennes étanches
  • l’interdiction au public des zones concernées, etc…